An Interview with Dawes : « Rien n’est intemporel. »

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Lundi 27 février, c’est la soirée Fargo Social Club à la Flèche d’Or. Après le set country de Robert Ellis celui des hollandais Moss, la découverte de la soirée (écoutez What You Want et vous serez convertis), Taylor Goldsmith, chanteur de la tête d’affiche Dawes, annonce que ses trois amis se tordent de douleur dans les backstage car ils souffrent d’une intoxication alimentaire (l’endroit à éviter se trouverait logiquement Rue de Bagnolet). Pour le premier concert du groupe à Paris, le conteur californien va donc délivrer un set en solo très intimiste et prouver qu’il n’a apparemment pas besoin de son groupe pour hypnotiser un public. Son petit frère batteur et Wylie, le bassiste, le rejoindront pour les quatre derniers morceaux et assureront leurs parties sans fausses notes malgré les grimaces, le frérot fiévreux se permettant même un solo de batterie. J’ai pu rencontrer le génial groupe trop peu connu en France avant qu’ils ne soient attaqués par leur bouffe avariée.

 

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Ezra Furman – The Year Of No Returning

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Aujourd’hui est un grand jour. Ezra est un peu l’impulsion qui a enclenché le long processus menant à la création de ce blog. Au risque de rougir légèrement, je me dois d’assumer mon statut de groupie car il m’est impossible de parler d’Ezra sans évoquer cette expérience initiatique.
Été 2010, il fait chaud et ni Paris plage, la plus belle d’entre toutes, ni aucune autre de l’hexagone, car trop bondées, ne tentent M.R. et moi même. Décision brutale mais enivrante, nous partons de go faire quatre mille kilomètres pour suivre Ezra et ses fidèles Harpoons sur une série de dates en Allemagne et Hollande.
S’en suit une semaine de rock and roll à la sauce gonzo et des fins de soirées arrosées de bière locale en compagnie de groupies et des quatre boys, d’abord étonnés, puis très vite charmés par tant de ferveur. Un soir, ils remuent un entrepôt réhabilité en camp de vacance le temps d’un été, pour ensuite atterrir dans une fête de village qui, au vu du public et des autres groupes doit être un équivalent hollandais du Kansas, puis l’apothéose, dans le très branché “Atomic Café” de Munich. Ces quelques jours resteront l’un de mes plus beaux souvenirs, jusqu’à ce qu’Alzheimer nous sépare.

La rencontre fut étrange. Ce garçon adorable, avec un sérieux grain et un vrai truc d’artiste autiste avait des choses à dire. Il m’a paru évident, déjà à l’époque, qu’il lui faudrait un jour faire un album solo. No offense aux Harpoons, mais cette perspective m’enchante depuis lors, curieux de voir ce que la bête a dans les tripes et de ce qu’elle pourrait produire, lachée, sans laisse, dans un studio d’enregistrement.

C’est maintenant chose faite : boule de joie au ventre et peur d’avoir à patienter jusqu’au 7 février, date de la sortie officielle de « The Year Of No Returning ». En plus, l’enfoiré trouve un super titre pour son album et a la méga classe sur la cover, ce qui rend l’attente insoutenable.
Ah ?…Hein ?…Quoi ?…La pré-order sur son site permet de télécharger l’album instantanément. Soulagement : joie, encore, mais peur, toujours.
Quand j’écoute le disque, je ne peux réfréner ma surprise en découvrant un Ezra transformé, capable de sussurer et chanter avec assurance tous les styles abordés.

L’absence des limites qu’implique le format guitare/basse/batterie a libéré Ezra qui nous livre là un album-compilation particulièrement riche. Les cuivres de « Dr Jekyll & Mr.Hyde » nous plongent dans l’univers claudiquant de Tom Waits, les « Mac Cartneyseries » vocales de « Lay in the sun » rassurent, tandis que les cordes lancinantes de « Refugee » deviennent les reminiscences d’une enfance où mon père usait des diamants à coups de vinyles signés Leonard Cohen. Une madeleine qui m’a d’ailleurs amené à passer tout un après-midi, assis en tailleur devant la stereo, à redécouvrir les disques du Partisan, cerné par les pochettes 30 par 30 qui paraissaient bien plus grandes à l’époque.

Mais ne vous méprenez pas, la touche très particulière du jeune prodige de Chicago est présente et crée toute la cohésion de l’album. Sa voix chevrotante et ses guitares open tunées lui font garder un pied dans le punk, domaine qu’il maîtrise parfaitement après trois enregistrements avec les Harpoons. Ses talents de conteurs sont aussi restés intacts, certainement renforcés par la maturité et quelques déceptions amoureuses de plus.

Tout de meme, une petite faiblesse pour l’étourdissante lourdeur de « Are You Gonna Break My Heart? », chose que vous feriez si vous décidiez de ne pas écouter le disque en entier.

J.

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An Interview with Real Estate : « Eviter le Cool. »

 

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Real Estate, le groupe de beach-pop qui donne envie d’hiberner jusqu’à l’été avait installé ses pédales de reverb au Nouveau Casino jeudi dernier à l’occasion du Fireworks Festival. Rencontre avec Martin Courtney, chanteur à la dégaine de vendeur de maison.

 

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Gathered Ghosts – Feels Like Nothing

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Je ne sais pas vraiment quel âge a Javier Suarez mais, considérant qu’il ne doit pas être très vieux, je me dis que j’aurais bien aimé avoir moi aussi un petit studio d’enregistrement dans ma chambre. Pas si mal équipé d’ailleurs, pour un post adolescent d’un bled paumé de l’Etat de Washington.
Le truc, c’est que même si j’avais eu la chance d’avoir un home studio chez mes parents, je n’aurais pas accouché d’une oeuvre aussi aboutie que « Gathered ghosts », l’album éponyme du projet de Javier.

Aux sonorités décadentes d’une fin d’une monde à la Mad Max, Byzantine Bowl est d’une douceur machiavélique. Contrairement à que Javier se tare de ressentir, Feels Like Nothing transmet quelque chose de puissant. Lancinante, cette ôde à la nostalgie fait passer ce disque à la simplicité apparente sur l’étagère de droite, la seule où je vais encore piocher.
Chansons presque enfantines, mélancolie, le home studio des parents est encore réconfortant. Les fantômes sont gentils. La cover m’a tout l’air d’être son lycée.

Février arrivant, Gathered Ghosts en remet une couche avec Cherry Tree, une pièce beaucoup plus funky mais tout aussi aérienne.
Je crois reconnaitre le cerisier en question devant le lycée.
Jeunesse, fougue, mais cohérence.

J.

 

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Little Dragon à La Maroquinerie, huit jours après : « Marry me, Yukimi »

 

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Mercredi dernier, le 7 décembre, la petite Maroquinerie accueille l’énorme groupe scandinave Little Dragon. Oui, je sais, pourquoi écrire un article 8 jours après le concert ? En effet, la démarche est conne et peu professionnelle (mais bon, le suis-je ?). J’ai tout simplement été très occupé par mon travail, le vrai, celui qui me donne les moyens de me gaver de pains choco-amandes lors de mes après-midi d’errance ou d’acheter des cadeaux de Noël à mes amis. La réponse, la voilà : j’ai été tellement conquis par la prestation du groupe que je me suis dit, Fuck it !, j’ai bien trop envie d’en parler.
Nous sommes donc le 7 décembre, mercredi soir, dans l’est de Paris. Les quelques verres de muscat du Pays d’Oc que j’ai séchés avec ma coloc – qui sera ma partenaire de soirée – ont parfaitement accompli leur tâche. Je file vers la Maroquinerie, impatient et surtout curieux de découvrir les Suédois menés par Yukimi Nagano car j’ai volontairement évité d’écouter l’album « Ritual Union » afin qu’ils me cueillent en pucelle que je suis de leur musique. Pucelle, pas tout à fait. Comme beaucoup, je suis déjà fan des featuring géniaux de Yukimi avec Maximum Balloon (If You Return), SBTRKT (Wildfire), ou Gorillaz.

Après avoir gravi la rue pentue de Ménilmontant, qui porte toujours aussi bien son nom, et repris une pinte pour me consoler, je me poste avec ma partenaire juste devant la scène sur laquelle des légions de claviers cernent une batterie semi électronique : il va y avoir du gimmick, de la nappe et du beat.
Noir. Yukimi entre à la suite de ses mâles. Un fichu qui révèle quelques courtes mèches platine est enroulé autour de sa tête. Elle porte une tunique légère, bras à l’air, tatouage d’ancre au creux du coude, et ne doit pas peser plus lourd qu’un rouge-gorge en février. Leur tube Ritual Union, tambouriné par Nova depuis quelques mois, est envoyé en deuxième. C’est le seul morceau que je connais, il me trempe dans le jus. Je pose mon gobelet en plastique sur le sol sentant qu’il va me gêner et je remarque que ma partenaire, plus belle représentante de la Suède dans la salle, a eu la même inspiration. Un regard. A plus tard.
S’en suit une fusillade de lignes de basses bondissantes entrecroisées de beats syncopés avec un double nappage synthétisé. Le lighteux opte pour le rose et le violet, merci. J’entends passer Shuffle A Dream et me rends compte que je connais deux morceaux d’eux. La petite dragonne suédo-niponne est magnétique, elle patine et agite son tambourin en chef d’orchestre magnifique. Un poète mal inspiré ose un « Yukimi, Marry Me ! » entre deux titres et moi, intérieurement, je réclame la suite. Arrive la fin et le rappel. Ils reviennent, les cheveux de la lézarde sont maintenant bruns et ondulent jusqu’à ses épaules. Plus de mèches platine. Ah ?! Trois autres morceaux du même genre et ils concluent avec un piano-voix, Twice, qui permet à Yukimi de montrer ce qu’elle a sous les ailes une fois allégée de sa parure numérique, un choix parfait pour envoyer la fosse luisante au lit.

La chanson est puissante, ma partenaire a les yeux rougis, mais mon euphorie est telle que je me dois de la noyer. Je m’arrête donc dans un estaminet du Père Lachaise embaumé par une odeur de tartiflette et écluse des canons à 2,50e pièce, sauf quand ils sont offerts par Louis, le titi moustachu à la petite tête couverte d’un monumental gavroche qui se tient derrière le bar. J’écoute les piliers discourir et n’arrive bizarrement pas à amener le sujet « Little Dragon » dans la discussion.
Retour bien avant le soleil levant, une dernière pensée pour Yukimi en passant en boucle la berceuse, Twice, avec ma partenaire de soirée. Finalement, c’est bien elle qui m’aura envoyé au lit.

Little Dragon, en concert le 21 février à la Gaîté Lyrique.

 

M.R.

 

 

 

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Porcelain Raft – Put Me To Sleep (Video)

After beholding this kaleidoscopic mishmash of crimson and grey, I realized that what was lying beneath it all reminded me of THIS.  (Talk about a Willy Wonka wet dream!)  Yet, as for his own choice of milk, Porcelain Raft offers us this tidbit to ponder:

« Once a dear friend of mine said ‘imagine if instead of water it would rain milk’. That sentence got stuck in my head.
It’s about texture, the way milk would spread through the tiny paths of the pavement, touching the trees first, then our heads, then the ground.
With that in mind I filmed and edited the Put Me To Sleep video in a day. I hope you enjoy it. »

Let’s not bother going into all the titillating differences between the textures of chocolate and milk.  The quote above highlights what is lovable about Porcelain Raft‘s approach to music: his attention to texture and his ability to derive sounds out of the shapes and images in his head to make them reappear like something hopelessly transient, but familiar.

One would be tempted to stamp a fat portion of his work released thus far as dream pop, with his strong points in isolating melodies through gently plucked arpeggios, absent of direct percussion.  To make a verse come alive, soft, muffled beats would have the tendency to trickle along to a thoroughly tempered pattern of chord progressions, working their way through major changes that would mimic the sweeping gestures of  a venerable, dull broom until they would dip into refrains of perfectly placed minor progressions.  Beautifully structured pop music. What more or what less could we ask for?

It just so happens that this new track « Put Me To Sleep »  seems to have let go of that restraint and to have piled on the pressure.  There’s something insidiously ironic about the role of milk in this video.  While milk is the nectar of infants, this bearded man is lying in it as if it is his deathbed.  Allowing a relatively striking beat to double up and the chord progression to drain on and on, he begs to be « put to sleep, » like a dog at the end of his rope.  Then, gradually, this territory between the end of another night of partying and the end of our time in this world is obscured until we question whether we’re hoping to be tucked into a tranquil state of relief until tomorrow morning, or just put out of our misery to a fantastic soundtrack.

Get Porcelain Raft‘s new album at the beginning of next year and be sure to see his show in Paris in March!

 

J. Holler

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En Plus : quelques photos du mémorable concert de FM Belfast.

Voilà quelques photos du concert des Islandais déglingués qui auraient mérité d’être dans l’article :

 

 

 

 

 

Crédit Photos : Peter Anderson

http://moimemephoto.tumblr.com/

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An Interview with FM Belfast : Professional Party People.

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Imaginez Patrick Sébastien qui aurait bouffé Deadmau5 au petit-déjeuner pour ensuite se poser devant le Holy Grail des Monty Python afin de digérer un peu. Voilà l’image qui est ressortie de ma rencontre avec FM Belfast, troupe islandaise spécialisée dans le largage d’une électro-dance aux refrains hymniques soutenus par des paroles attardées, le tout tranché par des cris suraigus à en faire pâlir Axl Rose.
J’ai pu rencontré deux membres du groupe, Árni (chant) et Árni (DJ/chant, que j’appellerai Tall Árni, vous aurez compris pourquoi…) une petite heure avant leur concert au Point Ephémère qui fut un ouragan antidépresseur que je recommanderai à tout le monde.

 

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An interview with Russian Red, humble sylphide portée par le bon vent.

 

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Russian Red est une chanteuse espagnole d’indie-folk qui, avec son premier album « I Love Your Glasses », a tout remporté dans son pays où l’on sort très tard le soir : récompenses diverses, disque d’or, placements de chansons dans plusieurs films et spots publicitaires. Elle a même enregistré un duo avec Elvis (Presley, si si, c’est possible). Son deuxième, « Fuerteventura », sort début 2012 en France. L’album est un collier de perles dans lequel s’enfilent balades folk, trip-hop (My Love is Gone), complaintes à l’humeur vespérale (The Memory is Cruel) et hymnes 50s à la vanille (January 14th).

 

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Real Estate – It’s Real (Video)

Remember that Fleet Foxes video with all the farm animals? Not to knock an incredibly talented band, but it kind of came off as a petty attempt to get more folk cred, when maybe they could have just added a few inches to their beards or something. If they had only chosen to flaunt their down-to-earth personalities with clips of them playing with dogs instead of letting a bunch of goats step on their feet, then I wouldn’t have been so distracted by the similarity between the band members and the extras. Fortunately, Real Estate had the foresight to avoid this problem and went for dogs. Even if the dogs resemble their presumed owners, they’re cute and they don’t stink quite as much of overwrought gimmickry.
The video above is for Real Estate’s stellar single “It’s Real,” which had been floating around for a while before their second album came out last month. I can assure you that their performance was easily the highlight of the Pitchfork Festival last weekend, even if I only saw about 6 and a half of the sets.  Get their sophomore album Days out now on Domino Records.

(I still think that the Fleet Foxes make good music, and am sure they are really cool dudes.)

 

 

J.Holler

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Blouse – Time Travel

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As we shield ourselves from the colder weather that comes with autumn, we also tend to imprison our minds with vestiges of the past.  Whether we’re shut up inside our rooms or hugging our torsos tightly underneath layers of cotton and wool as we traverse the streets, hell-bent on getting back indoors and ignoring current developments, the specter of what has been blocks our path and suddenly we’re fixated on things that maybe shouldn’t matter anymore.

Above, we have a song off of Blouse’s first full-length LP, which was just released on Captured Tracks yesterday.  The lyrics amusingly equate this process of contemplating the past, after having concentrated on the future the day before, with the functioning of a time machine.  Maybe that all seems silly, but what I find interesting is the impression made by the beat at the beginning, a sandy burst on the downbeat underneath an up-tempo melody, and then how it all wriggles together into a more familiar industrial dance pop theme.   The vocals, like in most of the LP’s songs, are chilling and fluid.

J. Holler

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Mes retrouvailles avec la variété française grâce à François & The Atlas Mountains

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Vendredi 28 octobre, je fais escale à Angers pour avaler goulûment un bol de douceur dans ma chère patrie. Après avoir terrassé la raclette organisée par ma mère pour célébrer le retour du fils prodigue (c’est moi), je rampe jusqu’à mon Mac pour checker le Net histoire de voir s’il n’y pas autre chose à faire qu’aller errer dans les rues vides de la ville du pâté aux prunes (régalez-vous !). Oh surprise, François & The Atlas Mountains, le groupe qui buzze plus qu’un frigo à 15e acheté sur Leboncoin joue au Chabada, LA scène angevine, celle qui m’a fait toute mon éducation musicale (la bonne je veux dire, pas celle où l’on vous apprend à jouer de la flûte).
Je me rends donc à ce « Concert Découverte », comme indiqué sur la prog, la place est à 5 roucoules et le show a lieu dans la petite salle : un test parfait. Après le showcase que j’ai pu voir il y a quelques semaines à la Fnac des Halles, j’ai hâte de voir la prestation du groupe dans cette ambiance confinée, face à un public non-conquis.
A peine le temps d’entrer et de déposer des autocollants Mirador sur le stand de flys que le deuxième groupe de la soirée commence. Un homme seul monte sur scène, guitare sèche à la main. Il gueule car elle sonne faux, met ensuite vingt ans à la raccorder, puis entame un morceau estropié mal interprété : des regards s’échangent dans la salle. Il finit sa chanson et s’excuse pour son intro pourrie.  Rires. Non, cet homme n’est pas Philippe Katerine. Il s’appelle Jérôme Van Den Hole, chante de la variété et l’assume tellement qu’il ira jusqu’à reprendre magnifiquement « Comme d’Habitude » à la fin du set. Ses morceaux oscillent entre du Guy Marchand pour les slows et osent des familiarités avec Début de Soirée dans les moments les plus catchy. Je suis perturbé, « Que se passe-t-il ? », au fur et à mesure du concert, je me mets à aimer sa musique jouée avec tant de sincérité . Est-ce une farce ? Si oui, le concept est parfait ! Si non : « Jérôme, tu as du cran, tu m’as touché et je vais certainement écouter ton album en secret. » (faites-vous  un avis avec le clip nippon de Boum Boum).
La deuxième claque, celle attendue, est arrivée avec l’entrée de François et ses potes sur le single Soyons Les Plus Beaux, premier morceau de leur album « E Volo Love ». Le groupe qui peut paraître très sage si l’on se contente d’écouter les versions studio crache sur scène une musique progressive et dansante, du King Crimson africanisé chanté à la fois en anglais et en français. Chaque membre, le François sautillant comme un singe en tête, démontre une maîtrise bluffante des instruments et machines utilisées. Le percussionniste, qui gigote au milieu d’un cercle de pad, micro et instruments africains, est un spectacle à lui tout seul. Dernière note, je sors de ma transe et retire ma vanne sur le frigo. Le buzz est mérité.

Pour me remettre, je vais me promener autour du fameux Château d’Angers, une forteresse édifiée sur un promontoire de schiste ardoisier au bord de la Maine,  merveille construite au XIIIe siècle sous Louis le Neuvième.
Angers, vivez bien, vivez mieux.

 

M.R. pour un article sponsorisé par la ville d’Angers.

 

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J.Viewz – Far Too Close

 

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Non.

Far too close n’est pas pas un remix dubstep de Genesis époque Phil Collins. Pour plusieurs raisons.

En ce qui concerne le côté dubstep, une vraie réussite. C’est sa douceur qui m’a interpellé de prime abord, c’est pas du gros Skrillex qui te fait slamer au Social Club, mais plutôt qui donne le smile à ton mug rempli de café…
Bon, quant à la voix de Jonathan Dagan, là ça va un peu loin. Même timbre (sorry bro’) et même traitement que notre cher Phil…
Heureusement, le groupe se rattrape avec un solo de sax d’une minute trente qui lève le doute planant sur la ressemblance avec la grosse machine britannique et la rehausse au rang de parodie.

Mais accordons plutôt à ce producteur de génie et ses 27 synthés superposés que, bien qu’inspirées à outrance des années 80, ses mélodies sont parfaites, et sa recherche inestimable.

Le projet J.Viewz a un parcours plutôt chaotique et oscille depuis leur premier album il y a six ans entre remixes et tubes dancefloor. Le producteur et initiateur du projet Jonathan Dagan s’entoure de différents musiciens et considère vraisemblablement chaque titre comme un projet à part entière.
C’est certainement ce qui explique que leur deuxième LP « Rivers and Homes » est une oeuvre méga-ecclectique. (Ne ratez pas Meantime ).

Bref, quant à Genesis, vous aurez compris que j’ai plus de considération à l’égard de l’époque Peter Gab’ .

J.

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CANT – Believe

In 2009, Chris Taylor of Grizzly Bear started his own label Terrible Records, assembling a line-up of well-known and lesser-known artists, and creating the ideal outlet for the release of the first album of his new solo project CANT.  Dreams Come True is permeated by the sustained introspection that made the first Grizzly Bear albums so intriguing.  As a solo project, CANT has allowed Taylor’s distinct style, as heard in his contributions not only to Grizzly Bear (musician/producer) but to the albums of other artists that he has produced, to flourish brilliantly in several directions.

Above, we have the new video for the song “Believe”, a montage of UFO footage from the 80s and 90s.  Chris’ signature vocals drift like the very chilling objects we see captured mostly by the handheld VHS cameras of unsuspecting bystanders. Though, perhaps, not too novel of a sight for the typical YouTube addict, these invaders penetrate the type of perspective that one would usually identify with a family home video. As we hear the lyric “Things I haven’t told you, you won’t believe” repeated determinedly, we witness the construction of a dichotomy, that of the personal and the broader, unknown and uncontrollable: in the way that aliens, or –depending on your suspicions–some sort of government conspiracy, may be able to creep into the remnants of our most cherished family occasion, there will always be a part of the person we love that we will never understand or come to terms with.

 

 

J. Holler

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Mon battle de congrats avec Baxter Dury

 

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Vendredi soir à la Bellevilloise, c’est les Nuits Zébrées de Nova, les fameuses. Rien de bien fou pour le parisien lambda, mais un vrai événement pour nous les Miradoriens car notre chouchou Baxter Dury, le dandy nonchalant à l’accent cockney, est dans la programmation. Nous l’avons ridiculement loupé au Point Ephémère il y a un mois, n’avons pas réussi à avoir de places pour le concert déjà complet du 10 décembre à la Maroquinerie, et n’avons pas du tout envie d’attendre celui du 22 avril au Trianon.
Nous frémissons donc d’impatience à 21h, dans la cave toujours bondée de la Bellevilloise alors que nous devons faire notre choix entre l’offre Cuba Libre à 6e ou bouteille de Grolsch de 45cl à 5e. Nous essayons les deux car, tout d’abord, c’est un choix très dur, et aussi parce que le concert commence bientôt.
Après le sketch d’introduction de l’animateur de Nova qui pourrait tellement être le héros d’un film de John Hughes période Breakfast Club, le Baxter monte sur la petite scène avec son band, tout sourire, tiramisu en main. Il rend hommage au dessert italien (hommage qu’il réitèrera plus tard dans le set pour ensuite sacrifier le pot de mascarpone caféiné en le jetant dans le public) puis lance un : « The first song is called Francesca’s Party« . Ca y est, c’est…parti.

Le concert est fabuleux, je souris, nous sourions, lorsque sonnent les mélodies pop du « Happy Soup », les couplets parlés, la voix grave, les belles envolées, sa voix suave, la basse Melody Nelsonnienne et le tube Cocaine Man. Fin.
C’est le triomphe du tiramisu !
Après le show, je spotte l’idole près des oliviers. Je tiens mon interview.
Je m’approche avec le sourire de l’homme sûr et lui demande comment je devrais commencer l’article sur son concert, « celui que je compte écrire demain ».
De la Happy Soup, c’est exactement ça qu’il me sert en guise de réponse, un potage tout chaud, celui qui fait du bien lorsqu’on vient de rentrer de l’école en marchant la tête découverte sous des trombes d’eau parce qu’on a laissé notre capuche dézipable à la maison : « I don’t need to tell you what you have to write, it’s your opinion that matters man, thank you for your warmth, we need people like you ! Before coming here and going on stage, we didn’t think it would be like that so thank you ! »
L’homme est raide, alors, je suis touché car un peu bourré aussi, et soudainement, je lâche tout : « Non, thank you à toi Baxter, le concert était super, j’ai trop kiffé, et toi aussi je te kiffe, oui je suis génial, ma chaleur te fait du bien, je sais, mais toi tu es mieux ! »
Je lui pardonne donc sa réponse inintéressante car après tout, nous ne sommes pas là pour une interview mais seulement pour se congratuler et soigner nos égos.
Il se tourne ensuite vers sa pianiste blonde plus que sublime : « Have you met my friend ? »…et elle de le regarder d’un air qui hurle : « D’où t’essaies de me brancher avec le premier nabot barbu qui s’approche ? »…c’est là que je me suis éclipsé…

 

M.R.

 

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Youth Lagoon – Montana

 

 

 

Youth Lagoon est le projet d’un seul homme, d’un gamin plutôt, Trevor Powers (je le soupçonne d’avoir changé de nom), 22ans seulement, et déjà plusieurs vergers de fruits pourris enfouis dans son petit coeur. En effet, il ressort un sentiment très perturbant de ses morceaux, oeuvres d’un fan d’MGMT voilé, tant la nostalgie et la mélancolie y sont intensément présents. Il est toujours attristant de voir les mots « jeunesse » et « résignation » associés ! Réveille-toi Trevor !
Enfin, à côté de cela, il faut reconnaître que sa neurasthénie l’aide à accomplir  de grandes choses. Tout au long de son album, « The Year Of Hibernation », Youth Lagoon Le Jeune reprend les thématiques de l’adolescence, les insuffle dans des instrus maîtrisées et compose des crescendos à en faire pâlir un Finlandais grippé.

Le clip de Montana, réalisé par Tyler T. Williams mais plus qu’inspiré par Terrence Malick, est une vraie énigme pour moi. Réalisée aux 5D et 7D (oui, citer des détails techniques ne me ressemble pas, mais bon, ce n’est pas comme si je vous avais donné les références des objectifs utilisés ou le nom du second assistant caméra), la vidéo est évidemment magnifique, émouvante, intelligente, notez comment l’image prend au fur et à mesure le pas sur la musique qui ne devient que l’accompagnement du film, au point que certains des beats du morceaux servent de bruitages dans plusieurs scènes.
Malgré cela, je n’arrive pas à crier : « Ce film est génial ! », car trop gêné par les similitudes avec ceux de Malick Le Puritain.
Alors, à vous de me le dire : avons-nous là un simple exercice de style tire-larme ou un bel hommage à un réalisateur ? Ou bien, est-ce qu’on s’en fout ?

Les petits remèdes de Mirador :
En cas d’insomnie, préparez une tisane verveine-menthe puis laissez infuser  pendant seulement dix secondes un sachet « Saveurs du Maroc ».
Allongez-vous dans votre clic-clac BEDDINGE IKEA, puis écoutez Bobby, Daydream et Afternoon de Youth Lagoon…et le reste de l’album…Ah oui, j’ai oublié, il faut boire la tisane avant de s’allonger sur le clic-clac.

 

M.R.

 

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Other Lives – As I Lay My Head Down

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La musique a également sa branche d’impressionnistes. Other Lives, groupe de Stillwater, Oklahoma, nom de ville qui pourrait tout aussi bien sortir de l’imagination de Walt Whitman, est un condensé de tout le romantisme contenu dans la courte Histoire américaine. Leurs titres sont à écouter dans le blizzard, les yeux mis-clos, lors de traversées de plaines pas encore déflorées, avec une bonne peau de bison sur le dos (que vous auriez vous-même tué, certainement avec la collaboration d’une tribu indienne amie).

As I Lay My Head Down est un exemple parlant du pittoresque de leur musique de trappeur : l’instrumentale galope malgré sa lenteur et l’interprétation dramatique de Jesse Tabich – oui, un barbu aux cheveux longs, comment avez-vous deviné ? – la rend plus sacrée que le monologue d’un conteur que l’on n’oserait interrompre. Tabich est un chantre prêt à utiliser n’importe quel instrument pour que le vent souffle sur ses arrangements organiques, comme par exemple, une percussion faite à partir de peau d’hermine tachetée tendue entre quatre fines branches de noisetier, ou même des bois de cerf ornés de clochettes (le premier sur la percu est une connerie, mais pas celui-ci, la preuve).

Le 2 novembre prochain, le groupe sera en concert dans un lieu qui lui correspond parfaitement, le Casino de Paris, à l’occasion du festival des Inrocks Blacks XS.
Sinon, écoutez aussi For 12, Tammer Animals et Old Statues…et le reste de l’album…

 

M.R.

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Pink Playground – Dark Bloom

 

 

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Two Texan music projects of similar style came out with their first full-length LPs on September 27th.  One (Sleep ∞ Over), having been justifiably hyped up beforehand, has sent its album through a smoothly paved path of blogosphere renown, while the other (Pink Playground) seems to have unfortunately undergone lesser notice.  From Houston, the city of prescription cough syrup-drenched rap music, comes a dreamy shoegaze duo, equally willing to lure the mind outside of itself.  Layers of sound tend to enter the scene piled on top of each other.  They take a steady pace and let it languish in droning instrumentation and drifting, echoing vocals.   In proper shoegaze fashion, their assemblage of noise lets all of its parts stir around, inflecting and rubbing together on the verge of the indiscernible, like particles in some massive cloud.

Sometimes this cloud swells, sometimes it dissipates, sometimes it pours, sometimes it drizzles.  The point is to enjoy the effect that it shows you in a given moment, whether that means letting each raindrop cool you down or just admiring its color as it floats in the sky.

This track, Dark Bloom, really touches my buttons and tickles my fancy.  Their album « Destination Ecstasy » is out on Mexican Summer Records.  Go cop that shit HERE!

 

J. Holler

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Trophy Wife-Microlite/Wolf

 

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Ça y est, je crois bien que Foals, un des groupes les plus copiés du moment après MGMT (à ce qu’on dit, Metronomy entrera dans le classement d’ici quelques semaines), a enfin trouvé ses héritiers. Etant donné que vous avez déjà lu le titre de l’article, le suspens que j’essaie de créer est totalement inutile, alors finissons-en, ils s’appellent Trophy Wife.

La filiation entre les deux groupes est presque officielle car les gamins ont été adoubés par les poulains eux-mêmes (si vous n’avez pas compris cette phrase). Indeed, c’est Yannis Philippakis, le leader des Foals à la cheumè frisée autant copiée que sa musique qui produit leur single Wolf du nouvel EP, « Bruxism », à paraître le 17 octobre.

Histoire de communiquer toutes les données, je vous aussi mets Microlite, leur single bondissant sorti en  2010.

La production onirique et la voix doucereuse du chanteur rappellent un Foals version « Total Life Forever », en bien plus lisse et cotonneux. Chez eux, syncope et super superposition de mélodies ne donnent pas envie de gerber. Ces gars-là ont tiré le meilleur du math rock, à la base étourdissant, pour intellectualiser des morceaux dansants et des gimmicks pops. Voyez par vous-même…

NOTE : je pense avoir écrit là mon article le plus geek et tête à claque, cela n’arrivera plus, je vous le promets.

 

M.R.

 

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Catholic Spray – Hate My Soul

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It’s about time that we cover a local band.  Catholic Spray have been building notoriety in the garage scene on the Right Bank for quite some time now.  Having released their full-length album « Amazon Hunt » last month, they played with the American garage rock band Sic Alps last night (September 23rd) at the Glazart.

If it isn’t fairly obvious to you by now, the dominant trend in garage rock, among other genres, is the beach motif, which, depending on how it is employed, can be appreciated as a tasteful nod to something timeless and invigorating or rather the summoning of a worn-out tool, eroded by overuse, no longer able to turn the cogs of one’s listening pleasure.  While the tastefully subtle surf rock influence in Catholic Spray’s guitar melodies and texture is straightforward, the way in which it merges with the other elements to lash out in an aura of destructive doom is shocking.

In this track Hate My Soul, an admirable and unique impatience guides the pace.  The intro is the kind of plucking of strings that would usually develop momentum, gradually flowing into a more full-bodied chord progression before a verse, but the whole band decides to cut the second bar short at the last beat, unleashing a rush of strong punky chord changes, in an effort to reveal all the tension that lay beneath those bashfully limp, reverberating notes.  A solo bass groove arrives and simmers the energy down, until the singer roars into the microphone like an animal caught in a trap as the guitar accentuates the lyrical emphases.  Continuing the thrust of the verse vocals, a simple guitar solo threatens the pop melodic structure that is still implied by the simultaneous ooohs and the hand clap-like upbeat drums, a stamp throughout the album constituting Catholic Spray’s gritty appeal.

Their album « Amazon Hunt » is out on Teenage Menopause Records, available here.

 

J. Holler

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